Cas d'école.
Déjà, depuis 1985, les maires ruraux ont eu à subir, souvent injustement, les habitudes consuméristes des parents qui pensaient que telle autre école publique irait mieux pour leur(s) enfant(s) que celle de leur village. Les contentieux ont bien vite apparu. Nous avons toujours dit qu'il valait mieux privilégier l'accord entre collectivités que subir les conséquences de tel ou tel caprice parental. Je continue à penser que, faute d'accord, et lorsque sa commune a beaucoup investi dans le scolaire, la résistance au paiement reste la meilleure arme du maire. Et nos collègues les plus compréhensifs -ceux des villes souvent -abandonnent une créance qui rapporte
plus de rancour que d'argent. De plus, sur la carte d'un futur candidat au Sénat, ce pourrait être mal vu.
Vingt ans plus tard, les capacités d'accueil ont été travaillées, les structures périscolaires parachevées, les accords négociés. Globalement, la paix était là. C'était compter sans l'acharnement de certains à trouver de nouveaux problèmes. Aujourd'hui, on nous demande de participer aux frais des enfants scolarisés à l'école privée. On croit rêver.
Scolariser son enfant dans une école privée -quelle que soit la philosophie qu'elle véhicule et qui est respectable en soi -c'est avant tout un choix personnel et d'abord celui de tourner le dos à l'école publique. Se tourner ensuite vers l'argent public communal pour le financement, c'est foncièrement inacceptable.
Il est clair aussi que se contenter de dire que ce ne peut être plus cher que l'école publique, c'est capituler en rase campagne et admettre qu'on va payer.
En dehors des cas locaux d'accords anciens et délibérés, il faut se battre.
Et qu'on ne vienne pas nous dire que l'on veut rallumer je ne sais quelle guerre. Le seul combat qui vale, d'ailleurs, est celui de la neutralité de la chose publique. Neutralité a priori et non obtenue par addition de factures issues de la palette complète des religions opérantes.
Ce combat-là sera d'autant plus difficile que l'idée de génie vient de l'ancienne majorité qui, du coup, est un peu gênée pour en stigmatiser les effets.
Mes chers collègues, ne payez rien sans accord délibéré. C'est rendre service à notre République que d'aller systématiquement au contentieux, tout en demandant aux futurs candidats aux élections diverses et futures de se positionner clairement sur ce sujet.
Nous attendons leur engagement avec intérêt.